L’oeuf d’or de la poule

Depuis plusieurs années, la montée en puissance des machines informatiques ne cesse d’explorer de nouveaux territoires. Nous avons vu l’augmentation de la fréquence du processeur, l’ajout de cœurs, la cannibalisation des cartes vidéo et nous en arrivons à des puissances toujours plus importantes.
Des puissances de calcul…
Depuis quelques jours, une société a communiqué sur un point qui doit faire réfléchir: le cryptage des données.
Il y a encore 10 ans, un cryptage 128bits était considéré comme sûre. il y a 5 ans, les 256 bits de cryptage nous permettaient de dormir tranquilles…. Les données cryptées, pour rappel, ne sont lisibles et exploitables qu’après la saisie d’un mot de passe libérant leur contenu.
Comprenez ici « transferts sécurisés sur le web », « mots de passe des bornes wifi », mais aussi « dossiers confidentiels »…

Pour faire simple et concis, tout ceci est aujourd’hui terminé puisque qu’il est possible, pour un investissement somme toute raisonnable, de s’offrir une puissance de calcul de l’ordre de près de 300’000 tests de mots de passe a la seconde.
Comme tout industrie, les progrès sont réalisés aussi bien du côté du progrès technique que de la sécurité. N’oublions pas qu’il existe toujours un « monde parallèle », un « marché gris », dans lequel les données volées, piratées ou autres intrusions sont monnayables…
Reste maintenant à bien faire la part des choses: la sécurité informatique n’est pas, n’est plus inviolable. Les secrets inavouables ne sont plus a l’abri, les secrets industriels, les comptes et autres données sensibles ne sont plus en sécurité dans les schémas que nous avons connu ces décennies passées. il faut là aussi réinventer non seulement des moyens, mais aussi des stratégies à long terme. Et toujours intégrer la théorie vieille comme le monde (humanisé) de la munition et du blindage.
Là encore la course ne finira jamais.
Le côté obscur de la force est un raccourci rapide et humoristique mais il décrit selon moi assez bien l’équipe adverse aux « ingénieurs » loyaux et officiels du développement des théories et des lois informatiques modernes. Mais une certitude demeure, si les « pirates », « hackers » et autres geeks alternatifs n’existaient pas, les progrès réalisés seraient bien moindres. Il se vit au quotidien une guerre totale et mondiale qui fait, comme beaucoup de guerre, progresser la science à défaut fort heureusement, de causer des pertes en vies humaines.
Les dommages sont économiques et le récent épisode vécu par Sony nous montre qu’il convient d’être plus que jamais prudent et sur ses gardes en terme de données critiques.
Le combat contre le bien et le mal est alors plus complexe que manichéen: le bien est facilement définissable mais il existe un mal moins mal que l’autre: Le mal gris qui brandit à la fois l’étendard du chevalier blanc de la vérité universelle en tentant de percer les secrets des puissants et/ou malfaisants, mais aussi qui se pose en instructeur et maître à penser des stratégies futures en terme de sécurité, face au mal noir qui lui tente le piratage tel qu’il a été plus souvent décrit et représenté de façon simpliste et caricaturale.

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Et si ?

La presse, la tv, les maisons de disque…
Toutes ces corporations s’inquiètent de plus en plus profondément des chutes de leur audience/vente/intérêt (rayez les mentions inutiles)

Face aux nouveaux médias (le web d’abord puis les blog, le rss, les apps etc) les mentalités évoluent. N’est-il pas simplement trop tard pour se poser des questions ? Le monde évolue, les habitudes aussi, tout change.
La presse dont le lectorat « classique » diminue doit se reporter sur l’édition électronique qui, sans assassiner de forêts, propose un contenu riche et frais. En tous cas réactif. Voila une superbe opportunité pour beaucoup de titres ou de maisons d’éditions de repenser leur métier plutôt qu’assister impuissants à leur mort maintenant programmée.

Les carrioles à chevaux ont disparu un jour, et l’automobile sera elle aussi amené à se réinventée. Période passionnante que la notre qui nous promet des efforts toujours renouvelés pour aller de l’avant.

Tout évolue. Pourquoi pas ces professions dont le fonctionnement était assuré lors du pré-numérique?
Le post-numérique change le monde, faisons en sorte qu’il le préserve. Et nous avec….

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A l’opposé du provisoire qui dure, l’obsolescence programmée

Nous avons précédemment abordé les cycles de vie des appareils électroniques et le choix de la décroissance soutenue en recyclant.
De plus en plus de personnes sont favorables à ce choix et à ce rythme.

Mais il est aussi nécessaire de comprendre et de relever que l’obsolescence est programmée depuis de longues années par les constructeurs qui ont compris que proposer un produit fiable était bon pour l’image mais catastrophique pour les services de réparation, source non négligeable de revenus indirects. Un produit non fiable occasionne une perte de confiance du consommateur qui se détournera rapidement vers la concurrence.

Le dilemme est donc cornélien: la qualité induit une perte de revenus, et des revenus garantis sont synonymes de mécontentement du consommateur. Rien que de très normal! La nature humaine est ainsi faite: en vouloir toujours plus pour toujours moins. Les budgets toujours plus bas créent des produits toujours moins chers, à la qualité aléatoire.

L’obsolescence programmée (dont Arte a abordé le sujet) est donc la réponse « parfaite »: la durabilité est sacrifiée aux coûts rognés et le remplacement après 1 ou 2 voire 3 ans est validée par le consommateur qui y trouve pouvoir et reconnaissance en se ré-équipant régulièrement.

L’informatique particulièrement, l’électronique de loisir plus largement, tout est basé sur ce cercle « vertueux »: le consommateur achète, se reconnait, utilise et compare pour créer son besoin. L’industrie produit, finance la recherche et le développement et amorti ses efforts par le besoin toujours croissant de matériel toujours plus innovant pour justifier et promouvoir les progrès. Le consommateur se positionne alors en demandeur et réinvestit.
Ce schéma est celui du « meilleur des mondes » dans lequel le matériel fonctionne encore après X mois d’utilisation. Ce qui n’est parfois qu’une chance…

Au sortir de la guerre, pendant les 30 glorieuses, le marché, vierge, était à conquérir, à nourrir, à satisfaire… Comme par miracle, le niveau de la technologie d’alors était bien en deçà de l’actuel, mais tout fonctionnait et surtout, tout durait… Certes, les produits étaient certainement moins design, moins sexy, moins clinquants… Mais tout fonctionnait. Une machine à laver, un réfrigérateur duraient 15, 20, 30 ans… Divisez tout cela par 10 aujourd’hui, et vous avez l’état du monde.
Une machine a laver passe sa garantie pour ensuite entrer dans une période de doute et vous essorer… Un réfrigérateur, cousin pas si lointain d’un ordinateur aujourd’hui, reste froid à toute bonne volonté et glace le sang par ses non-promesses de futur qui chante. Un four ? idem. même les ouvre-boite électriques ont disparu tant le consommateur en avait par dessus la tête de ces produits chers, inutiles et peu fiables. une cafetière dure 1 ou 2 ans, ou serait même capable de compter les « capsules » et de rendre l’âme après un cycle défini.
Et je ne parle pas ici d’informatique: le premier prix périclite au lendemain de la garantie, le second prix a la bonne idée d’attendre 1 année de plus, et le haut de gamme se fait rattraper par le logiciel qui lui, inusable, refuse de se commettre avec des plus vieux que lui…

L’automobile, dopée par les successives « primes à la casse », se charge elle même de s’auto-réguler sous couvert de sécurité. L’entretien peut faire défaut à un véhicule, mais n’oublions jamais que chaque appareil, chaque produit, à sa sortie, à sa naissance , était le meilleur. Il est possible d’ouvrir des boites à la main, tout comme il est possible de travailler aujourd’hui encore avec des ordinateurs d’il y a 10 ans. Et nous roulerons encore dans 20 ans avec des véhicules de la fin du siècle dernier… Tout n’est que question que de raison et de relativité…

Même la technologie est aujourd’hui inhumaine.
Objets inanimés, auriez-vous l’âme de vos concepteurs ?
Ne seriez vous finalement qu’animés par l’appât du gain ?


Le sujet sur wikipedia

Le sujet d’Arte

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Analogie

La numérisation de chaque chose permet ce qui sera possible quand l’ADN de chacun sera connu et catalogué.

Un univers immense aux possibilités insondables…

Faut-il pour autant se diriger vers cela ?

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Portabilité.

En 1993, est apparu le format PDF.
Portable Document Format. Le mot important est ici « portable ». Le PDF a pour vocation de pouvoir être lu sur n’importe quel appareil qui le permet. Et cela fut la première pièce d’une véritable révolution des mentalités dans l’informatique, alors fondée sur des formats propriétaires et des guerres de standards…
Pouvoir envoyer à un destinataire un document qui sera, à coup sur, lu, sans considération matérielle ou logicielle est une chose naturelle aujourd’hui.
Pas à l’époque où un logiciel était non seulement dédié à une architecture matérielle, mais aussi à un système d’exploitation, et plus encore à la version de ce système. Il y a eu depuis législation et surtout « raison » des constructeurs qui ont un jour compris qu’on ne pouvait rendre indéfiniment captif un consommateur. Fut alors inventée la compatibilité descendante…

La portabilité est logique et normale aujourd’hui: un pdf voyage, un mp3 est lisible aussi bien dans un lecteur que dans un ordinateur, un film aussi, à l’extrême. Ne parlons même pas des photos…
Ce changement d’idéal des acteurs du marché les place aujourd’hui en face d’un dilemme: se placer du coté des vendeurs, n’avoir comme interlocuteurs que les intervenants du marché primaire (B2B), ou se positionner dans la logique du client final (B2C), avec soucis d’ouverture, mais surtout de simplicité… Apporter des réponses ou créer des questions….

Le consommateur est selon moi, à long terme, celui qui décidera, qui imposera sa loi. Les fournisseurs sont là pour vendre et toutes les tentatives passées d’asservissement du consommateur se sont soldées par des échecs. Microsoft lui même a dû, après des années de condescendance, proposer un produit plus en adéquation avec les attentes du public, face à une concurrence toujours plus présente.
Quark est son logiciel XPress a aussi perdu beaucoup de plumes en ayant proposé une politique de vente tout sauf commerciale. Et combien d’autres….

Le Numériquor dressera une liste (non exhaustive) des cas les plus marquants du monde numérique (Kodak, SyQuest, Pleo, Silicon Graphics, etc) qui avec d’autres n’ont soit pas su négocier les virages à temps, soit se sont endormis sur leurs lauriers.

Le PDF n’est pas déclencheur de tout cela bien entendu. Il a juste été le guide pour toute une génération qui a su y voir ce que devait être le futur de l’information et de la communication, l’avenir de l’humanité. Ce que devait être la société de consommation: une utilisation hédoniste et non un carcan technique. Le but a été si bien atteint, la logique du développement tellement suivie, le naturel si parfaitement respecté que la portabilité est aujourd’hui dogmatique

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