Portabilité.


En 1993, est apparu le format PDF.
Portable Document Format. Le mot important est ici « portable ». Le PDF a pour vocation de pouvoir être lu sur n’importe quel appareil qui le permet. Et cela fut la première pièce d’une véritable révolution des mentalités dans l’informatique, alors fondée sur des formats propriétaires et des guerres de standards…
Pouvoir envoyer à un destinataire un document qui sera, à coup sur, lu, sans considération matérielle ou logicielle est une chose naturelle aujourd’hui.
Pas à l’époque où un logiciel était non seulement dédié à une architecture matérielle, mais aussi à un système d’exploitation, et plus encore à la version de ce système. Il y a eu depuis législation et surtout « raison » des constructeurs qui ont un jour compris qu’on ne pouvait rendre indéfiniment captif un consommateur. Fut alors inventée la compatibilité descendante…

La portabilité est logique et normale aujourd’hui: un pdf voyage, un mp3 est lisible aussi bien dans un lecteur que dans un ordinateur, un film aussi, à l’extrême. Ne parlons même pas des photos…
Ce changement d’idéal des acteurs du marché les place aujourd’hui en face d’un dilemme: se placer du coté des vendeurs, n’avoir comme interlocuteurs que les intervenants du marché primaire (B2B), ou se positionner dans la logique du client final (B2C), avec soucis d’ouverture, mais surtout de simplicité… Apporter des réponses ou créer des questions….

Le consommateur est selon moi, à long terme, celui qui décidera, qui imposera sa loi. Les fournisseurs sont là pour vendre et toutes les tentatives passées d’asservissement du consommateur se sont soldées par des échecs. Microsoft lui même a dû, après des années de condescendance, proposer un produit plus en adéquation avec les attentes du public, face à une concurrence toujours plus présente.
Quark est son logiciel XPress a aussi perdu beaucoup de plumes en ayant proposé une politique de vente tout sauf commerciale. Et combien d’autres….

Le Numériquor dressera une liste (non exhaustive) des cas les plus marquants du monde numérique (Kodak, SyQuest, Pleo, Silicon Graphics, etc) qui avec d’autres n’ont soit pas su négocier les virages à temps, soit se sont endormis sur leurs lauriers.

Le PDF n’est pas déclencheur de tout cela bien entendu. Il a juste été le guide pour toute une génération qui a su y voir ce que devait être le futur de l’information et de la communication, l’avenir de l’humanité. Ce que devait être la société de consommation: une utilisation hédoniste et non un carcan technique. Le but a été si bien atteint, la logique du développement tellement suivie, le naturel si parfaitement respecté que la portabilité est aujourd’hui dogmatique

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Un commentaire pour Portabilité.

  1. David dit :

    Et pourtant, l’industrie refait toujours et toujours les mêmes erreurs, j’en prend pour témoin le « standard » e-book, agrémenté des DRM qui ne permettent la lecture que sur la plateforme de l’éditeur. C’est principalement ce qui empêche les consomateurs avisés de se jeter avidement sur toute nouvelle technologie, et par effet boomerang ce qui limite grandement l’essor de ces dernières. Quel gâchis…

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